Return to site

Maternelle : la réunion de rentrée

Le retour en enfance pour certains parents, la joie de pénétrer le monde merveilleux de la classe de son enfant, un rituel stressant pour l'enseignant… Impressions et émotions racontées par un parent.

La petite souris

Heureuse d'être là et presque impatiente, je m'assieds sur les petits chaises, les genoux au-dessus de la taille. Tout en écoutant attentivement la présentation de l'enseignante, je ne peux m'empêcher de contempler les (trop) nombreuses décorations au mur : des frises, des calendriers, des tableaux édictant "les règles de vie", les premières peintures ou dessins de l'année, le tableau velleda, des posters, des armoires entières surchargées de jeux d'éveil… On pourrait y passer la demi-journée : les classes sont une véritable caverne d'Ali-Baba.

Ce sont des occasions rares, j'essaie de photographier au maximum avec curiosité l'environnement de mon enfant. L'"Environnement", dimension capitale pour le développement de l'enfant selon les écrits scientifiques de Maria Montessori. Selon elle, les promesses de développement de l'enfant ne peuvent être "tenues" que grâce à la libre activité et à un environnement (et non ambiance) ordonné, préparé, attractif ("The Absorbent Mind", Maria Montessori).

Le tirage de la tombola

La réunion de rentrée est aussi le moment fatidique où l'on découvre le projet pédagogique de l'enseignant. Et aujourd'hui, dans l'école sous-contrat (publique et privée), c'est "une loterie'.

Pourquoi? Dans ces écoles, chaque enseignant met en œuvre une méthode et un projet pédagogiques qui lui sont propres. Certains très traditionalistes, d'autres très modernes dans leurs approches… Il y en a pour tous les goûts, et c'est donc lors de la réunion de rentrée que les parents découvrent LE projet et LES méthodes pédagogiques dont bénéficiera leur enfant pour l'année. Finalement, chaque année, l'enfant est soumis aux lois du hasard et sans continuité d'une année sur l'autre. Et, c'est injuste.

Alors, il y a de bonnes surprises parfois. Je me souviens de cette réunion de rentrée où l'enseignante a été applaudie pour son projet respectueux du développement de l'enfant, son courage de remettre en question les enseignements théoriques reçus il y a plus de 10 ans, et sa volonté de partager les enseignements des sciences cognitives avec les parents. Bravo! Des cas trop isolés malheureusement...

Depuis la fin de l'année dernière, pendant l'été et jusqu'à la veille de la réunion, les interrogations s'enchaînent... "Est-ce que ses principes éducatifs et pédagogiques sont adaptés à mon enfant? Est-ce cohérent avec notre mode d'éducation? Va-t-il ou elle les noter? Utilise-t-il ou elle des "carottes"? Si oui, lesquelles? Et dans quel but? Est-ce que ses valeurs sont les mêmes que les miennes?" Suspense, le rideau se lève.

Et c'est parti pour un bout de chemin de "coéducation" à faire ensemble pour une dizaine de mois. Le hasard aura décidé pour nous tous : enfants, parents et enseignants.

Cette hasardeuse façon de (ne pas) choisir ses partenaires n'est en fait qu'une des manifestations d'un triste constat : l'école et la sphère privée peuvent parfois avoir du mal à se comprendre. Nous en reparlerons!

La menace

En 2016, sur fond de menace terroriste accrue dans les écoles françaises, parents venus parler pédagogie, éveil et développement de l'enfant ont eu la surprise de l'ordre du jour "bonus" : le plan vigipirate et les exercices de confinement, et de tentative d'intrusion.

Obligatoire, préventif et nécessaire, certes, mais je dois avouer que la surprise, l'angoisse semi-dissimulée ou le malaise pouvaient se lire sur de nombreux visages de parents.

L'école est un lieu de vie tout comme la rue, le parc, les transports et les grands magasins. Et qui dit "lieu de vie" dit "lieu ouvert" et aujourd'hui malheureusement, qui dit "lieu ouvert" dit "potentiel risque".

Et c'est alors l'école qui s'invite dans la sphère privée sous couvert, cette fois-ci, de sentiments anxiogènes. Est-ce que mon enfant est en sécurité dans cette école? Ni directeur, ni enseignant, ni parent, ni enfant ne sont véritablement préparés à ce nouvel aspect triste de la vie de l'école.

Finalement, quoi en penser et que retenir?

Les côtés positifs et ce que l'on a aimé. Car les premiers éducateurs des enfants sont les parents. Alors regardons-les grandir, apprendre et se développer cette année avec bienveillance et… faisons équipe avec l'enseignant coûte que coûte! Il y aura des affinités, des incompatibilités, des bonnes et des moins bonnes surprises.

Aujourd'hui, l'Education Nationale ne permet malheureusement pas aux parents de choisir librement la pédagogie la plus adaptée à leurs enfants.

A sa petite échelle, l'équipe des Petits Ecoliers souhaite :

- Offrir aux parents le libre choix de la pédagogie pour leur enfant en toute transparence ;

- Informer et accompagner parents et enseignants grâce notamment aux récentes découvertes de la recherche en Neurosciences sur le développement émotionnel et cognitif de l'enfant jusqu'à 6 ans ;

- Et contribuer à ce que l'école et la sphère privée de l'enfant puissent se tendre la main.

Ce sera notre programme de l'année 2016-2017! Enseignants, parents et enfants, bonne année à tous!

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly